Feux d’artillerie en début d’année, la Côte d’Ivoire doit rompre avec la violence !

Non aux feux d'artillerie

Avec les feux d’artifice de l’an 2018, on souhaitait définitivement tourner la page des démons de l’instabilité politique. Mais hélas, de nouveaux événements nous interdissent de rêver plus longtemps.

Après les feux d’artifice, les feux d’artillerie

Depuis maintenant cinq ans, Abidjan, vitrine de la Côte d’Ivoire, est connue pour une chose : elle s’affiche chaque fin d’année comme une ville magique et féerique au travers d’un événement particulier : Abidjan, perle des lumières.

En effet, à cette occasion, les bâtiments publics et privés se parent de toutes sortes d’objets lumineux. Les grandes voies et les ruelles sont étincelantes et rivalisent de brillance. Même les citoyens participent à cette grande messe de la lumière, les tirs de feux d’artifice donnent le clou au spectacle.

Magnifique, splendide, époustouflant, abracadabrant, etc. les Ivoiriens ne tarissent pas d’éloges. Et, sous les feux d’artifice, de jeunes tourtereaux roucoulent à l’unisson. Quel spectacle extraordinaire !

Mais, comme le dit l’adage, « les bonnes choses ne durent jamais », et, malheureusement, dans le cas de la Côte d’Ivoire, c’est incontestable. En effet, depuis le quinquennat dernier, aux feux d’artifice succèdent presque toujours les feux d’artillerie.

Ainsi, pour apporter preuve à cette affirmation, il n’est pas besoin de trop loin voyager dans le temps. En 2017 donc, le mois de janvier a été celui de tous les dangers. Ultima Ratio, le blog du Centre des études de sécurité de l’Institut Français des Relations Internationales (Ifri) le relève bien.

« Dans la nuit du 5 au 6 janvier, des tirs ont été entendus à Bouaké : des soldats démobilisés et d’anciens rebelles réinsérés au sein de l’armée ivoirienne ont attaqué la Préfecture de Police et deux commissariats et pris position aux abords de la ville. »

Pour ce début 2018, c’est une situation similaire qui semble se profiler : « Côte d’Ivoire : nouveaux échanges de tirs dans des bases militaires à Bouaké » signale le Monde Afrique. « Côte d’Ivoire: à Bouaké, les dangereuses querelles interarmées » titre RFI Afrique.

Capture d’écran, tweets de Nicolas Pinault du 10 janvier 2018

L’échec des réformes du secteur de la sécurité (RSS) ?

Devant ces scènes de quasi-guerre, qui semblent aujourd’hui devenues ordinaires, on a envie de s’interroger : sachant le traumatisme permanent  des populations, on se demande bien à quoi servent les reformes du secteur de la sécurité. À rien, a-t-on envie de répondre.

On se rappelle qu’à l’époque de la mission de l’ONUCI, une division spéciale était affectée à la RSS. Le rôle de cette division était assez bien connu. Il s’agissait d’appuyer le Gouvernement ivoirien dans la mise en place d’une Stratégie Nationale de la RSS, axée sur six piliers.

Ainsi, avec l’appui de l’ONUCI et de la Force Licorne dans ce domaine, on croyait le problème résolu. Mais que d’illusions !

Capture d’écran du site RFI, réaction de l’ancien Général Français Bruno Clément-Bollée

Peut-être avions nous ignoré une notice telle que celle d’Aline Lebœuf.

« Toutefois, ce sont les Ivoiriens qui doivent eux-mêmes, aujourd’hui, proposer des réformes qui leur conviennent. Un expert étranger ne peut servir que de poil à gratter, de stimulant pour aider à mettre en mots des enjeux qui restent souvent tabous et non exprimés parce qu’ils sont jugés trop sensibles. ».

C’est pourquoi, aujourd’hui, il faut arrêter de se beurrer les yeux. Car, le sentiment de sécurité des populations ivoiriennes est à mille lieux de celui des New-yorkais et des Genevois. De ce fait, il faut donc prêter une attention particulière aux recommandations en vue de « mettre en place des relations civilo-militaires constructives et non crisogènes ».

À cet effet, il semble utile d’énumérer certaines pistes de solutions proposées par l’IFRI. Il s’agit dans un premier temps de construire une armée nation, de définir des missions et des engagements clairs pour les forces. Dans un second temps, il faut repenser la formation et la sélection des militaires. Et enfin, il faut aussi réaliser des investissements pour la formation et l’équipement de la gendarmerie et de la police.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *